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Carburants hors de prix, voitures électriques trop chères : GET A HORSE!

En 1900, on criait « Get a horse ! » aux automobilistes en panne. En 2026, on dit la même chose aux conducteurs électriques. L'histoire a déjà répondu.

« Get a horse! » Achète-toi un cheval. C’est ce qu’on criait, vers 1900, aux premiers automobilistes en panne au bord du chemin. L’automobile est en crise. Mais nous n’en sommes pas encore à rouvrir les haras.

Le constat

Depuis 2022, l’instabilité mondiale a remis le prix du carburant au centre de nos économies. Le diesel vient de battre son record en Suisse : 2,47 francs le litre en Suisse romande. En Europe, il est passé de 1,55 euro en janvier à 2,24 euros fin septembre, soit 45 % de hausse en neuf mois. Nous avons connu d’autres chocs pétroliers. La différence : cette fois, il existe une alternative.

Alors pourquoi ça coince ?

On cite toujours les quatre mêmes freins :

  • Le prix des voitures électriques
  • La recharge, à domicile comme sur la route
  • L’autonomie
  • Le FOMO inversé : la peur d’acheter trop tôt, en attendant la voiture qui fera 1 000 km

Le débat tourne en rond. Et si la réponse était dans notre histoire ?

1896 : un fabricant de vélos et son banquier

Alexander Winton, fabricant de vélos à Cleveland, se lance dans l’automobile. Son banquier vient le voir : « Vous êtes fou si vous croyez que cet engin ridicule remplacera un jour le cheval. »

Reprenons nos quatre freins, version 1898 :

  • Le prix : une Winton coûte 1 000 dollars, une fortune.
  • La recharge : l’essence s’achète en pharmacie, au détail.
  • L’autonomie : dix jours pour relier Cleveland à New York, dans la boue jusqu’aux moyeux.
  • Le FOMO inversé : plus de 500 marques apparaissent et disparaissent. Pourquoi acheter maintenant ?

Aucun de ces obstacles n’a tenu. Le cheval est aujourd’hui reclus au haras

La limite de la comparaison

Personne n’a interdit le cheval. La voiture s’est imposée seule, alors que l’électrique est en partie poussée par la réglementation. Il faut le dire.

Mais les chiffres avancent

  • Norvège : 96 % des voitures neuves vendues en 2025 étaient électriques.
  • Danemark : environ 80 % au premier semestre 2026.
  • Six pays du nord de l’Europe ont franchi le tipping point (31–40 %) : Norvège, Danemark, Finlande, Suède, Pays-Bas et Belgique.
  • Moyenne européenne : 21 %.
  • Plus de 500 points de recharge publics installés chaque jour en Europe en 2025.

Le yoyo contre la ligne droite

Le vrai écart entre pétrole et électricité, c’est la stabilité, plus que le niveau des prix.

Sur 50 ans, le prix du pétrole varie en moyenne de 31 % d’une année à l’autre. Celui de l’électricité, de 4,5 %. Sept fois moins. Le pétrole a bondi de plus de 20 % seize années sur cinquante, et chuté de plus de 10 % treize fois. L’électricité n’a connu qu’une seule hausse de cette ampleur, et aucune chute.
Avec un plein, on achète aussi l’incertitude. Avec une recharge, beaucoup moins.

La vraie question

Ce n’est plus de savoir si, mais quand.

Un dernier détail. Winton avait raison contre son banquier. Il a pourtant cessé de fabriquer des voitures en 1924. Avoir raison sur la transition ne dit pas qui y survivra.

Et vous : frein réel, ou « get a horse » de notre époque ?

Pas convaincus ? Découvrez l’histoire racontée par Alexander Winton lui-même, en 1930, dans le Saturday Evening Post.

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